La Fête de l'Internet en Afrique a été créée en mars 1998 pour promouvoir les technologies Internet et multimédia en Afrique, s'inspirant de la Fête de l'Internet qui venait juste de se créer en France dans le même but. Au tout début, il y avait à Libreville (Gabon) Edgard Tougouma, Raz Birama et Bertil Willotte, vite rejoints par Marc Ona, qui ont initié l'association FIA (La Fête de l'Internet en Afrique) en lui donnant une vocation ouverte à tout le continent car la demande était forte venant de tous les pays. Bien entendu la FIA et la Fête de l'Internet de France étaient en contact. A la même époque, ISOC Sénégal a aussi démarré sa Fête de l'Internet.
Faire la Fête de l'Internet, c'était, en général durant le mois de mars, pendant une période donnée variant d'une journée à une semaine, selon les propos de l'époque "en tout lieu, organiser des activités gratuites pour faire découvrir les technologies réseau et multimédia actuelles au public. Tout le monde peut participer, comme simple visiteur ou comme organisateur d'activité. L'initiative, la bonne humeur et l'esprit de partage des connaissances y sont à l'honneur =:o)"
L'engouement fut tout de suite assez fort, beaucoup de visiteurs venaient parce qu'ils avaient entendu parler des "zènetiques" (NTIC) autour d'eux et voulaient en savoir plus, certains voulaient des précisions techniques car ils pensaient que cela pourrait leur servir dans leurs tâches.
De nombreux correspondants, souvent jeunes, de tous les pays africains ont voulu "faire la Fête de l'Internet", sentant bien qu'ils étaient pionniers en la matière. Des partenariats se sont créés avec des entreprises, avec les Administrations nationales, et avec des sponsors. Dans de nombreuses villes africaines, il s'agissait souvent de l'unique manifestation du domaine de l'informatique, donc les entreprises locales collaboraient favorablement en prêtant des équipements, en fournissant des connexions Internet, en mettant à disposition des techniciens, pourvu que leurs noms et marques soient exposés. Les Administrations en profitaient pour communiquer sur leurs plans de développement des NTIC, comme on disait. Le Ministère français des affaires étrangères nous a soutenu financièrement plusieurs années, l'équipe gestionnaire de l'association redistribuait les fonds aux acteurs de terrain au prorata des besoins réels.
Rapidement le nombre des correspondants de la FIA sur le continent a dépassé la centaine. Une structuration sous forme de "coordinations nationales" et "coordinations locales" a vu le jour afin d'harmoniser les travaux préparatoires et de fédérer les initiatives ; les recommandations étaient les suivantes :
"Les correspondants sont les acteurs de terrain de la Fête de l'Internet sur le continent africain. Présents dans tous les lieux, des grandes villes aux villages les plus reculés, au travail, dans le privé ou le public, en milieu scolaire, universitaire ou en milieu associatif, ils proposent et organisent des activités pour faire venir un public le plus large possible. Ils se groupent en Coordinations locales et nationales afin d'harmoniser leurs actions. Tout le monde peut décider d'être un correspondant de la Fête de l'Internet en Afrique, il suffit de s'inscrire et de participer aux échanges."
Chaque correspondant ou coordination avait son indépendance totale, il y avait une base de données en ligne où les correspondants s'inscrivaient et pouvaient voir les contacts des autres correspondants dans la même ville ou le même pays, et pouvaient donc ainsi s'organiser collectivement selon leur bon vouloir. Grâce à un forum en ligne, chaque correspondant (ou coordination) décrivait son projet de Fête, chacun pouvait constater la portée de l'événement en préparation, cela était motivant, et cela permettait des collaborations ou synergies entre correspondants. La FIA était un label fédérateur et jouait un rôle dynamisant. Sa plate-forme collaborative en ligne était hébergée chez Altern déjà à l'adresse http://www.f-i-a.org, malheureusement cet hébergeur communautaire historique a définitivement rendu les armes en 2008 et nous avons perdu nos données historiques avec lui (des sauvegardes partielles existent).
Des correspondants étaient présents dans les pays suivants :Niger, Bénin, Cameroun (Nord, Sud), Tchad, Burkina Faso, Togo, Sénégal, Mali, Gabon, Côte d'Ivoire, Guinée, Madagascar, RD Congo, Djibouti, Egypte, Algérie, Centrafrique, Comores, Congo (Brazza), Guinée Equatoriale, Mauritanie, Mayotte, Maroc, Mozambique, Tanzanie, Tunisie. Et beaucoup de correspondants s'inscrivaient de France pour collaborer à nos initiatives.
Voici quelques exemples d'activités réalisées durant ces années de Fête de l'Internet en Afrique :
- (vidéo)conférences-débats
- atelier création/hébergement de pages
- installation de webcams
- ateliers de découverte de l'Internet
- atelier de recherche d'emploi sur le web
- démonstration de formation à distance
- création/diffusion d'oeuvres numériques
- projection de films Internet /mondes virtuels
- soirée dansante sur le thème de l'Internet
- installation de cybercafés
- échanges et jumelages électroniques de classes
- jeux en réseau
- concours de dessins, de photos, de nouvelles
- trombinoscope (mise en ligne des portraits des visiteurs, des membres d'une association,...)
- salon des nouvelles technologies
- conférences sur la Société de l'Information
- atelier de création multimédia
- des administrations ouvrent leurs portes et illustrent des nouvelles formes d'interactivité avec le citoyen.
- l'Internet pour personnes handicapées
En 2002 et 2003, à Ouaga puis à Cotonou, nous avons organisé des rencontres préparatoires en vue d'harmoniser nos programmes et mettre sur pied des activités auxquelles tous les correspondants pourraient participer. Les représentants des principales coordinations étaient invités, ce qui nous a permis de faire connaissance de visu. Nous en avons profité pour y monter des ateliers de formation, notamment sur la création de sites web et l'animation multimedia.
De nombreux événements ont vu le jour dans ce cadre, de nombreuses personnes ont été initiées dans ces ateliers, conférences ou démontrations. On peut même dire qu'une génération de jeunes (et moins jeunes) africains s'est forgée aux technologies de l'Internet en créant ces événements.
Après le SMSI (sommet mondial sur la société de l'information) de Tunis en 2005, l'avènement d'une journée annuelle de la Société de l'Information fixée par les Nations-Unies le 17 mai nous a poussé à adopter cette date pour la Fête de l'Internet en Afrique, ce qui n'a pas empêché certaines coordinations de poursuivre leur Fête à leurs dates habituelles.
Ce système a très bien fonctionné, bénévolement, certes avec des hauts et des bas, des coordinations se créaient quand d'autres s'effritaient, cela reposait souvent sur les épaules de quelques bonnes volontés. Au Burkina Faso, il y a même la SNI (semaine nationale de l'Internet) qui nationalise encore l'événement, sous la tutelle de la Delgi (délégation générale à l'informatique). En 2008 avec l'émergence des TIC en Afrique (de ce fait elles ont perdu leur N), malgré l'enclavement numérique de certaines régions, le besoin de vulgarisation est devenu moindre, et la Fête de l'Internet sous sa forme initiale n'avait plus lieu d'être. Il fallait la redéfinir ou l'abandonner.